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Paris je te quitte, je te quitte Paris !

 

Paris tu m’as rendue malade,

Et je ne parle pas de ta pollution,

Dans ma chaire, dans mon corps mais surtout dans mon cœur,

Paris tu m’as rendue triste,

Tu m’as vidée, happée dans ton tourbillon,
Et tu m’as recraché, laissée, abandonnée à mes tourments.

 

Paris, tu m’as vidée de ma joie, de mon enthousiasme, de la vie,

Tu as laissé derrière moi une coquille vide, incomprise,

Avec toi, je suis seule dans une marrée humaine,

Je suis devenue de celles qui détournent le regard,

Celles qui acceptent l’inacceptable,

Celles qui se recluses par peur de devoir faire face à ton absurdité.

 

Paris je ne te supportes plus,

Toi qui m’a tant vendu de rêve, avec tes lumières, ton architecture et ta beauté,

Tu te révèles sale, triste et bondée,

Tu m’as déçue, trahie ; comment pourrais-je encore te faire confiance ?

Tu as tout brisé, pire qu’un amant qui m’aurait quitté.

 

Paris tu m’as tout donné : soirées, amour, culture et même travail,

Tu m’as fait miroité les plus belles choses, j’y ai cru.

Et puis tu m’as tout pris, d’un revers de main,

Comme quand on enlève à un enfant son doudou chéri,

Je ne suis plus que l’ombre de moi-même et je ne sais que pleurer ce que tu m’as pris.

 

Paris, tu n’as plus rien à faire avec moi,

Tu es toxique,

Je ne veux plus de tes grandes entreprises bien cotées qui poussent ses salariés au burnout,

Je te laisse ton métro blindé, irrespirable et tes taxis plus chers que ces sacs qu’on n’ose acheter,

Je t’abandonne à tes harcèlements de rue, tes magasins de riches et tes livreurs sous-payés,

Et à regret, je te laisse gérer tous ces gens qui n’ont d’autre maison que toi, tes rues, tes pavés.

 

Alors Paris, c’est décidé, je te quitte.

Je te quitte sans trop de regret,

Je te quitte comme lorsqu’on se libère d’une épine dans le pied,

Tu as réussi à me faire oublier ta beauté,

Tu as anéanti ma personnalité, mes amitiés et ma joie de vivre,

Je ne vois plus en toi qu’une vague d’insalubrité, d’incivilité et d’irrespect.

 

Paris je te quitte, car j’ai besoin de retrouver ma santé, ma sanité,

J’ai besoin de réincarner ces belles valeurs que tu prônes,

Je te quitte Paris, Paris je te quitte,

Je me défais volontiers de tes chaines,

J’ai besoin de retrouver un semblant de nature, de sentir le soleil sur ma peau,

 

J’ai besoin d’aller faire mes courses, sans culpabiliser, sans devoir me presser,

J’ai besoin d’échanger avec mes voisins et de pouvoir leur tendre la main, sans devoir choisir entre celui du bas de la rue et celui du supermarché,

J’ai besoin de pouvoir me rendre quelque part à pied,

J’ai besoin de me retrouver moi tout simplement,

Moi et mon envie de vivre. Sans toi.

 

Paris, je te quitte cette fois, c’est décidé,

Je te jette, je n’ai plus rien à gagner à te garder.

Je me défais de ce fardeau que tu impostes à tous tes habitants.

 

Paris je ne t’aime plus,

Tu m’as usée, tu m’as moulée, façonnée, cassée,

J’aurais été prête à tout pour toi,

Mais toi pas.

Tu ne m’as pas soutenue, pas épaulée,

Tu m’as enfoncée quand j’avais le plus besoin de toi.

 

Peut-être que je reviendrais,

Comme on voit parfois un vieil amant,

En souvenir du bon vieux temps.

Tantôt triste, tantôt joyeux,

Ces moments ne durent qu’un temps,

Car un jour je le sais,

Je me déferai de toi, à jamais.

 

Ô Paris, si tu savais,

Tout le mal que tu m’as fait.

Pourtant, je te quitte sans rancune,

Et sans larme pour te pleurer.

 

-Manon Aunay

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