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#Interview2 – MétierAtypique – Cécile exerce la double activité d’Artisan relieur et enseignante !

 

– Pouvez vous m’expliquer votre métier ? En quoi est-il atypique ?

Je suis Artisan Relieur : je « fabrique » des livres de manière artisanale. Il peut s’agir de manuscrits inédits que quelqu’un souhaite avoir reliés en quelques exemplaires, de livres abimés par le temps auxquels je redonne vie ou bien d’agendas, carnets… A l’époque du numérique, l’odeur du papier continue de séduire.

 

– Quel est votre environnement de travail ?

Je suis installée comme artisan depuis novembre 2018 et j’ai pour le moment installé mon atelier chez moi, même si ce n’est pas idéal : je suis bien incapable de faire entrer la presse à percussion – 800kg – de mes rêves dans mon atelier ! Dans la pratique, je partage mon temps avec mon autre activité professionnelle d’intervenante dans l’enseignement supérieur. Je donne des cours sur l’Europe, la communication, la gestion de projet, le lobbying…

 

Un équilibre stimulant – même s’il ressemble parfois à un grand écart entre des métiers qui génèrent des contraintes très différentes, en terme de temps, de relations ou de compétences.

 

– Qu’est ce qui vous plait le plus dans ce que vous faites ?

Ce que j’aime le plus c’est créer … Etre à l’écoute de l’histoire du livre ou du manuscrit que l’on me confie et lui (re)donner vie en recherchant les matériaux, techniques de reliures, papiers qui se rapprocheront au mieux de ce que souhaite la personne. J’aime expérimenter, chercher, faire et refaire jusqu’à ce que le résultat me semble en adéquation avec l’idée que j’avais imaginé.

– Avez vous toujours fait ce métier ? Quel est votre parcours ?

Non pas du tout ! J’ai eu une première vie professionnelle diverse, épanouissante et riche, dans les affaires européennes.

 

Après 12 ans, j’avais l’impression d’avoir accompli tous mes rêves, tous mes objectifs. J’ai donc décidé de tout quitter.

 

De nature curieuse, j’ai saisi l’opportunité d’une initiation à la reliure qui se déroulait près de chez moi alors même que j’ignorais jusqu’à l’existence de ce métier !

 

Une fois dans l’atelier, j’ai été fascinée par les matériaux, les machines, les gestes ancestraux …. Mais également par ma propre capacité à fabriquer quelque chose alors que je n’avais jamais rien fait de mes mains ! J’ai alors décidé de poursuivre dans cette voie et, après m’être formée chez un « maître » j’ai passé mon CAP « Art de la Reliure Dorure » il y a près de 3 ans ans.

 

C’est d’ailleurs probablement le diplôme dont je suis le plus fière tant il est éloigné de ma zone de confort !

 

 

– Que souhaitiez vous faire quand vous étiez plus jeune ?

Curieuse de nature, j’ai eu beaucoup de mal à me décider, entre professeur, musicienne, journaliste de guerre, journaliste reporter d’image, chercheur, voire « présidente de la République » (haha)…Tout m’intéressait et je ne savais que choisir !

 

– Qu’est ce qui vous a poussé à vous lancer dans cette voie ?

Un mélange de hasard et d’opportunité… L’envie aussi, à un moment charnière de ma vie professionnelle, de prendre le risque d’un changement à 180° en prenant le temps de tout recommencer de zéro.

 

– Comment vous êtes vous lancée ?

Durant 1 an et demi, j’allais 1 jour par semaine dans un atelier de reliure proche de chez moi. J’y ai appris les gestes, techniques traditionnelles de reliure (bradel, reliure passée, travail du cuir, dorure…). En juin 2017, j’ai passé mon CAP Art de la Reliure Dorure. Ensuite, j’ai continué à travailler de mon coté en « amateur » pour me perfectionner, apprendre, évoluer… et finalement ai décidé de modifier l’activité principale de ma « micro-entreprise » pré-existante (formation professionnelle) en « reliure d’art ». Depuis, je continue de jongler entre mes différentes activités mais accorde de plus en plus de temps à celle-ci.

 

– Quelles sont les difficultés que vous rencontrez/avez déjà rencontrées ?

Lors de mon apprentissage, la formule « faire et défaire, c’est encore faire » a pris un sens presque angoissant. Tout est réversible (les colles utilisées permettent de défaire sans abimer le carton par exemple) et par conséquent il m’est arrivé de refaire jusqu’à 10 ou 20 fois la même opération sur un livre pour qu’il soit « parfait ». C’est parfois usant et démoralisant. Avec le recul, je pense que c’est cette exigence qui m’a permis de m’améliorer – et surtout de comprendre pourquoi certains gestes doivent être faits de telle manière, pourquoi telle étape doit précéder telle autre etc… La reliure est un travail lent, minutieux, précis et chaque jour je m’améliore, peaufine des techniques et en explore d’autres !

 

Je continue de beaucoup « défaire », mais désormais sans remettre pour autant systématiquement en question ma compétence.

 

 

– Selon vous, quels sont les avantages et les inconvénients de cette double activité ?

Ce que j’aime dans ma « double activité », c’est que, au contraire de la reliure, lorsque j’enseigne il me faut être réactive, dynamique et « sociable ». J’aime imaginer mes cours, en fonction de mes étudiants, de ce que je perçois de leurs besoins ou de leur compréhension. J’aime piocher dans l’actualité – politique, économique, européenne – pour y donner sens.

 

J’apprécie aussi d’avoir des matières extrêmement différentes qui rendent toute monotonie (ou répétition) impossible.

 

Ce qui est parfois plus difficile, c’est la gestion temps : si je commence une couture ou le débrochage d’un livre je dois parfaitement anticiper sa durée pour ensuite pouvoir aller donner cours. Ma routine du matin est d’ailleurs de me noter l’ensemble des « tâches » avec des horaires précis que j’essaie de tenir ainsi que des objectifs qui me permettent d’optimiser mes heures de cours. Par exemple : si je sais que je donne 3h de cours à 14h cela laissera exactement le bon temps pour que le dos de mon livre sèche, par conséquent je dois avoir fini « l’endossure » à 13h30 pour pouvoir en rentrant continuer le travail sur cet ouvrage. En revanche pour une mise sous presse il faut compter minimum 8h donc je le ferai plutôt en fin de journée ou bien tôt le matin avant une longue journée de cours.

 

Au final, je crois que ce grand écart me plaît, parce qu’il est aussi à mon image : curieux, hyperactif et pas vraiment conventionnel !

 

 

– Quels sont vos projets pour l’avenir ?

L’an prochain, j’ai décidé de réduire une grande partie de mon volume horaire d’enseignement afin de développer d’avantage mon activité de reliure… J’aimerais, à terme, pouvoir créer une activité qui mêlerait création mais aussi pédagogie (pourquoi pas en organisant des ateliers de reliure) et promotion d’artistes régionaux même s’il n’y a rien de très concret pour le moment.

 

– Un conseil aux personnes qui souhaiteraient développer la même activité que vous ?

Ouvrez la porte d’un atelier, allez à la rencontre de ces artisans qui, le plus souvent passionnés, auront à cœur de vous partager leur savoir-faire.

 

Merci à Cécile Coyez pour cette interview très enrichissante, pour la contacter :

Facebook:  https://www.facebook.com/ReliureCCoyez/ Instagram https://www.instagram.com/ccoyez/

Site : https://cecilecoyez.fr/ (Crédit photo :  www.loeilduphoenix.com)

 

Si vous aussi vous souhaitez vous lancer dans une voie atypique ou exercer une double activité mais que vous n’osez pas encore franchir le pas, inspirez-vous de mes interviews #MétiersAtypiques

Pour aller plus loin, je vous invite à me contacter pour faire le point sur votre situation lors d’une séance de bilan professionnel 🙂

 

– Manon Aunay, Coach Professionnelle Certifiée, spécialiste de la reconversion professionnelle des jeunes actifs.

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