Pour se comprendre, apprenons d’abord à désapprendre

Pour se comprendre, apprenons d’abord à désapprendre

Il est 15h36, en salle de classe, on m’apprend à désapprendre. Ça s’apprend ça ? Visiblement !

 

On me demande de parler à ma camarade normalement, sous cette seule condition, commencer mes phrases par « Qu’est ce qui fait que… ? » et ne jamais donner mon avis. Ça semble facile !

 

On se lance chacune à notre tour et au bout d’un moment, c’est bête mais… on n’arrive plus à se parler, on n’a plus d’idée de quoi se dire et on n’arrive plus à communiquer. Je ne sais plus quoi poser comme question sans donner mon avis.

 

 Eh oui, on ne s’en rend pas compte mais, en réalité, on cherche rarement à creuser les sujets lorsque l’on se parle dans la vie de tous les jours, le pourquoi du comment, la raison profonde.

« Ça va ? » « Bof je suis fatiguée » « Prend des vitamines ça va t’aider ! », on essaie de conseiller pas vraiment d’écouter, encore moins de comprendre. Et là où les conseils des autres nous énervent parfois, on a tendance à oublier que nous aussi, on s’y adonne allègrement.

 

Alors quand j’ai demandé à Sophie « qu’est ce qui fait que tu es en conflit avec ton frère ? », et qu’elle m’a répondu « je sais pas » » eh bien je suis restée plantée là. Sans avoir rien à dire, rien à répondre. Je n’étais pas autorisée à lui dire ce qui me passait par la tête, à savoir « peut-être que tu as dit quelque chose de travers ? » ou encore « moi quand je me fâche avec quelqu’un, j’envoie un texto pour me soulager » je n’étais pas autorisée à laisser le pilote automatique dans ma tête s’adonner à sa routine « donner son opinion et conseiller » et c’est alors que j’ai réellement pris conscience que, dans la vie, personne ne s’écoutait, mais que tout le monde conseillait.

 

« Morgane aussi elle s’est mise en freelance, elle a rejoint un coworking, tu devrais faire ça aussi », « C’est un con Lucie, s’il ne t’écrit plus, laisse-le tomber », « Tu devrais l’amener chez le psy, comme mon fils, ça lui a fait du bien, il a 16 de moyenne maintenant ». On conseille en permanence, 70% du temps, et on ne s’en rend même plus compte. Et surtout, on oublie qu’une réponse donnée pour tel problème pour telle personne ne sera pas forcément la même pour tout le monde. On oublie notre différence, le facteur humain.

 

 

On ne cherche pas à comprendre.

En fait, c’est un peu comme si on mettait un pansement sur une blessure, quelque soit la blessure. On ne traite pas la cause mais le symptôme.  Alors évidemment, si ce n’est qu’un petit bobo, le pansement suffira, mais s’il s’agit d’une hémorragie interne, le pansement craquera en moins de deux. D’ailleurs, c’est souvent le cas.

 

On nous a appris à donner notre opinion, à conseiller, à paraitre, à suivre des directives, mais est-ce qu’on nous a appris à comprendre ? à écouter ? à se mettre à la place de l’autre ? Pas vraiment.

 

Apprendre à désapprendre ça va bien au delà de ça. C’est aussi arriver à la conclusion que, dans la vie, la plupart de nos choix sont aussi les conséquences directes de conseils que l’on a reçus et pas de notre libre arbitre : « On m’a dit de faire médecine, il y a de belles débouchées », « On m’a toujours dit de travailler dans une grande entreprise, il y a un meilleur salaire », « la vie c’est comme ça, on n’a pas le choix », « tu as 30 ans, il faut que tu débutes une famille ».

 

Quand tu te détaches de tous les conseils que tu as pu recevoir dans ta vie, tu te rends compte de qui tu es toi, et surtout de ce que tu veux.

Peut-être que travailler 8h/jour ce n’est pas ton dada, peut-être que la grande entreprise de luxe prestigieuse dans laquelle tu bosses depuis 3 ans n’est pas faite pour toi, peut-être que le style de vie à la campagne qu’a eu toute ta famille, ça ne te fais pas vibrer, toi.

 

Apprendre à désapprendre c’est aussi te permettre d’aller plus loin dans tes relations :

comprendre pourquoi l’autre réagis comme ça, en dépit du fait que toi, tu ne penses pas de la même façon. C’est favoriser l’écoute au jugement. C’est se dire que si l’autre est là, c’est parce qu’il a été conseillé différemment que toi.

Désapprendre ce n’est pas oublier toutes tes connaissances, mais plutôt, apprendre à penser par toi même, en choisissant ce qui te convient dans tout ce qu’on t’as toujours conseillé et ce qui ne te conviens plus, ce que tu souhaites laisser.

 

C’est tolérer les autres pour ce que tu n’es pas toi. C’est ne pas essayer de changer ni conseiller mais plutôt accompagner.

 

C’est dire « Pourquoi ? » plutôt que « A ta place, je ferais comme ça… »

 

C’est prendre du recul. C’est vivre en concordance avec soi.

 

Alors si tu ne te sens pas à ta place, apprends à désapprendre, parce que la solution à ton problème, ce ne sont pas les autres qui l’ont, c’est toi !

 

Manon Aunay
Coach en Développement Personnel & Professionnel

manon@jeunegenerationy.com

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